Nouch, 6

Mais avant toi, je ne savais rien de la folie des tempêtes et des vents absurdes qui agitaient les rêves des gamines tornades, j’ignorais tout des cieux sans étoiles et de l’agonie lente des éclairs qui ignorent où mourir. C’est toi, Ninon, mes naufrages et mes îles aux trésors, mes nuits blanches, mes nuits grises et mes nuits noires, mes arc-en-ciel au réveil et mes soupirs quand tu découches. Le goût de sang de tes lèvres abîmées, la foudre de tes mots, les veines bleues qui serpentent de ton poignet à ton cœur, Ninon, ma Nouch, je voudrais les apprendre par cœur, me noyer dans la géographie intime de ton corps qui ne s’offrira jamais vraiment, m’abreuver à tes fleuves et me noyer dans tes désert. De ma vie avant toi, j’ai presque oublié le vide, tant je m’efforce de tourner dans tes tourments. Tes valses, Ninon, possèdent le charme des mélodies inconnues et le rythme bancal des rondes improvisées.

9 notes / il y a 1 semaine


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  1. leucosie-8 a dit : Tellement bien écrit celui-ci.. :)
  2. mapeaudefleur a publié ce billet